M.C. Escher (1898-1972) était un maître quant il était question de dessiner des situations impossibles. Dans ses œuvres, il fait couler l’eau vers le haut, transforme des oiseaux en poissons et laisse des hommes monter et descendre le même escalier à l’infini. Depuis plusieurs années, la collection d’Escher est exposée au Palais, située dans l'ancien palais Lange Voorhout. La combinaison des œuvres fantastiques d’Escher et de nombreux attractions particulières, transforment une visite à ce musée en une expérience particulière.

Des débuts en Italie
Maurits Cornelis Escher naît le 17 juin 1898 à Leeuwarden (province de Frise). Fils d'un ingénieur hydraulicien, il ne s'intéresse au début qu'au dessin, ne partageant pas le goût des mathématiques de ses frères. Très jeune, il reçoit des leçons de menuiserie et l'amour du travail du bois se révéle à lui.
Son père, conscient de ses dons artistiques, souhaite en faire un architecte, mais seul l'art graphique l'intéresse. Entre 1919 et 1922, il est l'élève de Samuel Jesserun De Mesquita à l'École d'architecture et des arts décoratifs de Haarlem. En 1922, il part en Italie, où il remplit ses cartons de dessins de paysages italiens vus sous des perpectives inhabituelles ou de minuscules bêtes et plantes observées à la loupe. En 1923, il rencontre Jetta et l'épouse en 1924. Installés à Rome, ils y vivent 11 ans. Pendant cette période, Escher voyage beaucoup dans les pays méditerranéens. Il rapporte de ces voyages des quantités de dessins, dont beaucoup seront sources d'inspiration pour ses gravures.

Le plus souvent, il sillonne la Méditerranée en bateau. A l'occasion d'un de ses voyages, il négocie avec une compagnie de cargos, qui accepte, le prix de la traversée contre des gravures dont le thème se rapporte aux bateaux et aux ports. De cette façon, il visite notamment l'Alhambra de Grenade, dont les motifs mauresques répétitifs le fascinent.
Escher fuit l'Italie fasciste en 1935, se fixe 2 ans en Suisse, puis 5 ans à Bruxelles. En 1941, il revient à Baarn, aux Pays-Bas, où il réalise son œuvre la plus riche. Il meurt en 1972.

Escher, un artiste graphique inclassable
Parmi les exemples connus de son travail, on compte «Dessiner», un dessin où 2 mains se dessinent l'une l'autre, «Le ciel et la mer», dans lequel des jeux d'ombre et de lumière transforment des poissons dans l'eau en oiseaux dans le ciel, et «Montée et descente», où des files de gens montent et descendent des escaliers dans des boucles infinies, sur une construction qui, bien qu'impossible à construire, peut être dessinée en utilisant des astuces de perspective.

Le travail d'Escher possède une importante composante mathématique, telle que le ruban de Möbius, et nombre des mondes qu'il a dessinés sont articulés autour d'objets impossibles,. Sa rencontre et son amitié pour le mathématicien britannique Roger Penrose furent décisives dans ses apports aux arts graphiques.

Il effectue également des travaux sur la perspective cylindrique. Il démontre simplement avec l'exemple d'un homme allongé sous un double fil électrique que la perspective avec des droites partant vers un point de fuite est fausse. Les lignes sont en effet courbes, puisqu'elles se croisent d'un côté comme de l'autre de l'observateur en tendant vers l'infini.